Le jardin retrouvé

« Baiser, fils de deux lèvres closes, filles de deux boutons de roses… » Pierre de Ronsard.

Des siècles d’horticulture ont semé un dédale de pétales ; depuis la plus haute antiquité, le rosier occupe une place de choix au jardin ; Ses qualités décoratives, la diversité de sa silhouette et de ses fleurs, ainsi que ses surprenantes capacités d’adaptation en font l’un des principaux acteurs des mises en scènes végétales. Qu’elle prenne la forme simple et candide d’une églantine ou celle d’un bouton dodu, prêt à craquer dans son corset prometteur, la rose est infiniment touchante.

A l’heure du choix des variétés, nous avons adopté un style de fleurs assez romantique en choisissant les plus appropriées au décor que nous avons rêver de composer.

La Closeraie, pour l’amour des roses…

Abritée par de murs hauts en schiste, cette ancienne longère rénovée atypique accueille de grands massifs de rosiers qui entourent tous les bâtiments d’habitation et leurs nombreuses annexes.

‘La Closeraie’ (de closerie et roseraie) est un jardin de ville situé dans le centre ville ancien d’Avrillé, sur l’ilôt appelé ‘SAINT GILLES’, du nom de l’église proche, également donné à la station de tramway qui dessert la propriété. Le jardin s’insère autour d’une longère et de bâtiments annexes construits fin XIXème siècle.

Jusque dans les années 80, la desserte était organisée par une venelle très ancienne prenant de l’avenue principale (avenue Pierre Mendès France) ;

cette accès reste remarquable par l’ancienneté et la conservation de certaines bâtisses à portes voutées construites en pierres de tufeau datant pour la plus ancienne du 17è siècle. C’est par ce simple accès à pied que fut construite la première partie de la longère, constituée de deux pièces et une grange où vivaient les propriétaires. En dehors, tous les actes de la vie quotidienne avaient lieu « en face »,  à savoir dans les annexes (la lessive, les toilettes, les clapiers à lapins, les viviers, le poulailler, la reserre à bois, la conservation des denrées…) . Dans un second temps la grange fut aménagée en habitation à étage. La partie d’habitation à l’est, fut édifiée dans la continuité bien après.

Les espaces, tels qu’ils se présentaient ici en septembre 2012,  constituaient « une page blanche » ; anciennement, on exploitait ici jardins potagers, vergers et vignes sur une surface de 3000 m² ; les récoltes de fruits et légumes étaient revendues dans les annexes, aux habitants du bourg, qui venaient s’approvisionner en empruntant cette venelle.

le défi a donc consisté à « retrouver » ce jardin alors que l’endroit était exigu en milieu urbain, type jardin de ville clos, sur une parcelle où cohabitent bâtiments d’habitation et bâtiments annexes, comme autrefois pour les longères de centre-bourg ; l’extension foncière n’était pas possible compte-tenu des propriétés riveraines ;  l’exiguïté des lieux a rendu difficile  le chantier des « travaux lourds » (décaissement et évacuation des gravats) ; certaines canalisations découvertes ont nécessité des travaux de réparation et de confortation. Un seul point d’eau, au départ des annexes, a permis de desservir l’intégralité du réseau d’arrosage enterré ; les regards et canalisations d’eaux pluviales ont servi alors de relais pour acheminer l’eau de point en point, afin de garder l’esthétisme du site.

La cour pavée d’origine a ainsi disparu aux trois quarts,…faisant place depuis 2013 à un jardin majoritairement dédié à la rose et aux vivaces, mais également des plantes de terre de bruyère, quelques fruitiers,

 

une serre de plantes grasses et de cactées, nécessaire à la conservation des plantes gélives en saison froide et à la préparation des semis de fleurs au printemps

 

« J’ai usé mon âme et mes souliers. Sur tous les chemins des écoliers . Prés d’une fontaine je m’assieds un instant. Je veux regarder passer le temps. »

Georges Moustaki

Le bassin-fontaine vous accueille à l’entrée, avec le son de l’écoulement d’eau, dans l’ambiance apaisée de l’endroit.

La création d’un bassin-fontaine s’est en effet imposée dès l’acquisition du site. Une vaste jardinière plantée située à l’entrée immédiate en sera le point de départ. Pas idéalement exposée pour des rosiers, son court ensoleillement estival et sa position abritée deviendra un écrin idéal pour les plantes de rives et d’ombre.

Il fallut excaver la terre et le remblai existant afin d’atteindre le volume de 3m3 recherché. Le petit muret existant a été rehaussé avec les pavés récupérés de la cour, une bâche de fond a été découpée dans la piscine hors sol des précédents propriétaires. Les ardoises retrouvées ont servi de parement pour les rives. L’alimentation en eau de pluie a été rendue possible par une déviation de gouttière, l’évacuation du trop plein rejoignant le circuit d’eau pluviale. Une pompe avec filtration UV assure une qualité nécessaire à l’épanouissement des plantes d’eau et la santé des carpes koï. Fougères, hellébore, presle, euonymus, lierre argenté garnissent la rive à l’année. Vigne vierge, bignogne et clématite se disputent les vieux murs surplombants. Myosotis d’eau, campanules, érables, bambous, poivre de Chine, colorent le pourtour à la belle saison.

 

 

La vocation première est de réunir en un seul lieu, une sélection de 300 rosiers regroupés par parterres de couleur de toutes provenances (anciens, contemporains, avec une particularité pour les rosiers anglais ayant reçu l’Award Garden Merit).

Rosiers grimpants ou lianes se disputent les murs avec leurs compagnes : clématites, roses trémières, chèvrefeuille, bignogne, jasmin, fleur de la passion, glycine, vigne…elles suivent leur cheminement  sur la largeur de la bâtisse et conduisent le regard à lire les façades en s’appuyant sur les rosiers grimpants et leurs arches, créant ainsi des alcoves naturels.

Les massifs sont commentés par des ardoises explicatives.

42 % des rosiers sont des rosiers anglais choisis notamment pour leur parfum, et les récompenses obtenues de l’AGM  -Award of Garden Merit- de la Société Royale d’Horticulture anglaise. Citons par exemple : Ice Cream, Just Joey, King’s Macc, Lovely Lady, Peace, Remember Me, Silver Anniversary, Warm Wishes, Champagne Moment, Fellowship, l’Aimant, Flower Power,… Les rosiers les plus prestigieux ont été achetés directement chez leur obtenteur ;  c’est le cas pour Austin, Harkness, Gregory, Cockers, Fryers, Lens, Kordès, Tantau, Adam, Eve, ou la pépinière spécialiste pour les rosiers anciens  : roses anciennes d’André Eve et pépinières Loubert. Beaucoup des choix se sont opérés avec les fournisseurs eux-mêmes, car nous avons souhaité recueillir l’avis de ces derniers afin de disposer à la Closeraie des variétés les plus représentatives jugées par leur obtenteur. Ainsi Jérôme Rateau, le successeur d’André Eve a-t-il établi une liste de rosiers favoris.

A découvrir, un jardin ami : le Jardin du Clos des Cèdres près de Tours à Saint Cyr sur Loire :

CLOS DES CEDRES

Mme ROULLIER, du Jardin du Clos des Cèdres à ST CYR SUR LOIRE, Premier prix Bonpland 2014, et jardin ami, nous a fait découvrir près de Loches (Indre-et-Loire), la commune de  Chédigny, la première commune ayant reçu le label « Jardin remarquable ». Depuis près de 18 ans, le maire, Pierre Louault et André Eve y ont entrepris une importante campagne de plantation, le résultat est époustouflant : c’est le village des roses. L’association « Roses de Chédigny » fait un travail remarquable et organise, chaque année, une fête de roses fin mai.

La mère du maire de cette commune a été reconnue, avec son mari, « Justes de France » pour avoir hébergé des juifs pendant la dernière guerre. Nous avons planté « Jeanne de Chédigny » dans notre jardin, bien évidemment.

 

 

Ainsi, sont également présents dans notre jardin, « Laurette Fugain » créé par l’Institut Jardiland, « Souvenir de la Malmaison », « Peace », « La France », « Old Blush China », « Gruss An Aachen », « the Fairy »….quelques roses créées à Doué la Fontaine, et « Janet », un des seuls hybrides de thé créés par David Austin que nous conduisons en petit grimpant,…

l’anglais « Julia’s Rose » dont la couleur est unique, pareille à celle d’un parchemin avec un mélange de cuivre, beau à tous les stades et très prisé par les amateurs d’art floral…

 

 

Nous sommes adhérents à la Société Française des Roses

SOCIETE FRANCAISE DES ROSES

Un petit jardin de ville « retrouvé » de 400 m2 seulement, intimiste, poétique et romantique, qui invite à la promenade et à la quiétude, que l’on ne pourrait soupçonner derrière ces murs, mais qu’on découvre une fois les portes franchies, telle une cour espagnole.

« Un jardin, même tout petit, c’est la porte du paradis »   Marie Angel

Chaque année, le jardin de roses ouvre au public dans le cadre des actions engagées par l’Association Jardins et Santé créée en 2004. Un groupe de bénévoles, amateurs et professionnels de jardins mais aussi professionnels de santé, sont en effet convaincus de la nécessité de rétablir un lien entre l’homme et la nature. Sur un concept britannique, mis en place par le National Gardens Scheme, selon le principe que des visites de jardins peuvent provoquer la collecte de fonds utilisés pour des actions caritatives, l’orientation de l’association s’est résolument tournée vers le soutien à la création de jardins dans les établissements hospitaliers et médicosociaux qui

accueillent des personnes atteintes notamment de maladies cérébrales – autisme et TED, maladie d’Alzheimer, épilepsies, dépression profonde,  etc… Remettre les personnes souffrant de ces maladies dans un environnement où la nature est présente, où le jardinage permet de prendre ou reprendre goût à la vie, est une nécessité que l’on avait oubliée.

JARDINS ET SANTE

 

Ne remets pas à demain ce que tu dois faire aujourd’hui….

Le jardin de roses est aujourd’hui plein de fleurs,

mais demain, quand tu voudras cueillir une rose,

il ne pourra peut-être pas t’en offrir une seule.

Firdoussi (Xème-XIème siècle)